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La force de regarder demain

Il y avait peu de monde, étonnamment, au Grand Palais, pour l'exposition Nature & Idéal. Pour une fois, il était possible de prendre son temps, de regarder chaque détails des tableaux exposés. Des œuvres de Carrache, de Poussin, ou encore du Lorrain. Des paysages, qui offraient de facto au regard de nombreuses accroches. On pouvait s'attarder sur les scènes mythologiques, toujours discrètes, dans un coin du tableau ; comme secondaires. Sans être bousculé, pressé, dérangé, comprimé…

Peu de monde, encore, à l'exposition Aimé Césaire, Lam et Picasso. Décidément, ce dimanche était propice aux visites culturelles. Ça tombait bien. En toute sincérité, je connais assez mal les peintres paysagistes du XVIIe siècle. Et je ne connais pas très bien Aimé Césaire non plus. On en a beaucoup parlé, depuis sa mort. J'ai eu le temps de découvrir en partie son œuvre. Mais il me reste beaucoup à découvrir. 
Malgré tout, certaines phrases chez lui me plaisent déjà beaucoup. “Nous sommes de ceux qui disent non à l'ombre”, par exemple. Parfois, quelques mots suffisent à attirer mon attention, et restent présents à ma mémoire. Aujourd'hui, il s'agissait de cinq mots, aperçus à cette seconde exposition :
La force de regarder demain”.

L'avenir désiré

J'aime cette formule, elle correspond bien à ce blog. Je tiens à y défendre certaines idées, certains principes : l'espérance, l'espoir, l'optimisme, la conviction qu'il n'y a pas de raison d'avoir peur, que l'avenir sera un temps heureux, et qu'il a par conséquent toutes les raisons d'être désiré
Bien sûr, regarder trop en avant crée une sensation de vertige. À trop se demander comment seront les choses dans dix ou vingt ans, à trop se projeter, on finit par prendre peur. 
Mais regarder vers le passé, aussi, donne le vertige. 
Qu'importe donc le vertige ! J'ai confiance en l'avenir. J'ai l'âge où il est encore permis de refaire le monde, de croire naïvement que l'on peut changer la vie. Ce n'est pas toujours une position de force, d'ailleurs. Tant pis !
Je n'aime rien autant que les longues discussions, souvent légèrement alcoolisées (mais pas toujours) sur l'état des choses, sur leur possible évolution.
La force de regarder demain est sans nul doute la plus grande force qui soit. 

Je repense à ces dernières semaines : le joli mois de mai, les douces soirées où la nuit tarde à venir, la beauté de Paris qui renaît. 

Une chose est sûre : il est plus facile de regarder demain au printemps

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