Accéder au contenu principal

Facebook : réseau asocial

Beaucoup de choses ont été écrites sur Facebook, ces dernières années. Facebook ou l'avénement des réseaux sociaux, l'émergence de nouveaux modes de communication, la consécration du communautaire
Le titre du premier film dédié à Facebook était d'ailleurs tout trouvé : “The Social Network”. Le réseau social, par excellence. 
Le site aux 500 millions de membres se trouve dans toutes les présentations portant sur le sujet. Cela va de soi. Pour beaucoup, Facebook est aujourd'hui synonyme de réseau social. 
Un espace cloisonné 
Pourtant, pour quiconque s'est essayé suffisamment longtemps à Twitter, Facebook semble incroyablement cloisonné. Sans opposer plus longuement ces deux réseaux, dont les différences sont nombreuses, il est clair que Facebook apparaît comme un espace fermé, où chaque membre est recroquevillé sur lui-même. 
Sur cette plate-forme, passés les premiers temps, on ne cherche pas à découvrir de nouvelles personnes, partageant les mêmes goûts, les mêmes passions. On se contente a priori de son cercle nécessairement restreint d'amis. 
Bien entendu, chacun fait comme il veut, et il est tout à fait possible de multiplier les pokes envers des inconnu(e)s. Mais le site en lui-même n'est pas construit de cette façon. Il n'encourage pas la découverte de nouvelles connaissances. Il se fonde au contraire sur des relations existantes. On se connaît, avant de se reconnaître virtuellement, sur Facebook

Restons asociaux
Ce n'est pas évident en soi. S'il fallait concevoir un “réseau social”, sans avoir jamais entendu parler de Facebook, les chances sont grandes pour que l'on table sur une organisation, un système de mise en relation, différents.
L'un des problèmes, c'est que l'information ne circule pas très bien, sur ce réseau là. En considérant l'ensemble de la toile facebookienne, on verrait probablement un certain nombre de nœuds, séparés par d'étonnants espaces. Des cellules homophiles, sans lien véritable les unes avec les autres. 
Bien sûr, les créateurs de cette plate-forme font tout pour ouvrir au maximum l'espace qu'ils ont participé à concevoir. Ils s'efforcent de créer de nouveaux liens, de nouvelles passerelles. Les règles de confidentialité sont régulièrement mises à jour, des Pages d'Amitié sont mises en avant (le fameux : “see Friendship”), le “News Feed” permet un semblant de viralité.
Surtout, Facebook est bien plus qu'un site sur lequel on se connecte. C'est un graphe qui, pour le coup, est social. Un outil qui transforme Internet. Une araignée qui tisse sa propre toile

Mais ce n'est sans doute pas, intrinsèquement, le plus social des réseaux sociaux. 



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustrationHeart Machine
Cela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature, de poésie. J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent. 
De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés. 
Je vais continuer. Continuer d'écrire, ici, parce que c&…

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

Désormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message. Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable.
L'autre a lu mon message
Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée, ou plus “active” (…

Je Me Force Un Peu Parfois

Je me force un peu, parfois.  Je me dis que ça fait longtemps, que j'ai reçu de nombreux encouragements depuis que j'ai commencé à écrire, ici, et que cela devrait suffire à m'inciter à poursuivre, régulièrement. Je suis heureux d'avoir plusieurs fois trouvé les mots pour parler de certains sentiments, de certaines impressions, qui avaient de la valeur à mes yeux. Heureux d'avoir réussi à transmettre - des idées, des envies, des émotions peut-être ? - ce qui autrement serait resté au fin fond de ma conscience. 
Se forcer à écrire, pour soi, d'abord, et pour les éventuels lecteurs nocturnes qui souhaitent lire autre chose que des analyses politiques post-conférence de presse / post-grand débat national / post-gilets jaunes. Ou bien des dissertations sur la reconstruction de Notre-Dame, à l'identique ou surtout pas. Cet éternel retour, des pour, des contre, et de tous les autres, qui argumentent ou qui s'indignent.
Je me force un peu, parfois. Parce que ç…