Accéder au contenu principal

En raccourci

Le doux mois de septembre. Je me demande si ce n'est pas l'un des mois que je préfère. Quand l'automne s'approche tout doucement. J'avance, les mains dans les poches, sur les boulevards - la musique dans les oreilles. Le plaisir de ne porter encore qu'un sweat-shirt, avant l'arrivée des bourrasques et de la pluie battante. Les cheveux légèrement en bataille, la sacoche en bandoulière. Je traverse Paris.

Une voix familière chante dans mon casque. Une voix que j'écoute de nouveau, souvent, ces derniers jours. Une voix profonde et chaleureuse, celle de Georges. Sur un air de guitare que je connais bien, je retrouve ces mots si souvent entendus.


"Y a dans la chambre une odeur d'amour tendre et de goudron. Ça vous met la joie au cœur… la peine aussi et c'est bon !" Je ne pourrais pas mieux dire. Ce soir, j'ai la joie et la peine au cœur, en même temps. Ce n'est pas grave, c'est même plutôt agréable. C'est la vie-même. Le sentiment d'exister.

J'ai l'impression que ça m'arrive souvent, d'être en même temps heureux et malheureux, optimiste et nostalgique, audacieux et craintif, joyeux et mélancolique. Comme si ça se combattait en moi, comme si deux aimants contraires se faisaient face. La force invisible et magnétique qui les oppose est aussi ce qui leur est commun. 

J'accélère, en remontant la rue. J'ai envie d'arriver chez moi, de prendre un bain, de faire le vide. Puis de lire, d'écouter la radio, et de dessiner enfin en attendant que la nuit tombe tout à fait. Ma vie, en somme. Ma vie, en raccourci.

Commentaires

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustrationHeart Machine
Cela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature, de poésie. J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent. 
De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés. 
Je vais continuer. Continuer d'écrire, ici, parce que c&…

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

Désormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message. Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable.
L'autre a lu mon message
Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée, ou plus “active” (…

Je Me Force Un Peu Parfois

Je me force un peu, parfois.  Je me dis que ça fait longtemps, que j'ai reçu de nombreux encouragements depuis que j'ai commencé à écrire, ici, et que cela devrait suffire à m'inciter à poursuivre, régulièrement. Je suis heureux d'avoir plusieurs fois trouvé les mots pour parler de certains sentiments, de certaines impressions, qui avaient de la valeur à mes yeux. Heureux d'avoir réussi à transmettre - des idées, des envies, des émotions peut-être ? - ce qui autrement serait resté au fin fond de ma conscience. 
Se forcer à écrire, pour soi, d'abord, et pour les éventuels lecteurs nocturnes qui souhaitent lire autre chose que des analyses politiques post-conférence de presse / post-grand débat national / post-gilets jaunes. Ou bien des dissertations sur la reconstruction de Notre-Dame, à l'identique ou surtout pas. Cet éternel retour, des pour, des contre, et de tous les autres, qui argumentent ou qui s'indignent.
Je me force un peu, parfois. Parce que ç…