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Affichage des articles du mai, 2017

Un sourire aperçu

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Tout à l'heure je vais sortir, m'allonger dans l'herbe et lire au soleil. Pour le moment je suis chez moi, dans mon appartement de la rue Oberkampf. Les fenêtres sont ouvertes, certains stores abaissés. J'entends le réveil d'un voisin qui sonne depuis deux ou trois heures. Il devait être réglé sur ses horaires de travail, et il a oublié de le déprogrammer en partant en week-end, probablement. C'est un son strident (bien que lointain) dont je me passerais bien, mais je reconnais que j'aime cette image : un réveil qui sonne dans le vide, qui s'acharne à sortir du sommeil une personne qui n'est pas là. Un réveil qui sonne pour un lit défait. Dans quelques années peut-être, l'intelligence artificielle aura fait des progrès, et aucun réveil ne s'égosillera plus en vain.
Hier, toute la journée, j'ai vu des amis. D'abord sur les Rives de Seine, du Pont des Arts au Port de l'Arsenal, nous avons marché, croisant touristes et Parisiens aux…

De nous, que restera-t-il ?

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Dans les moments difficiles que l'on traverse parfois, à l'échelle individuelle, ou à l'échelle d'une famille, d'une société, d'un pays, voire d'un continent, ce n'est pas toujours évident de prendre du recul. Sur le moment, on a le sentiment que la situation est inextricable, et que les conséquences sont lourdes, inévitables.
Une façon de souffler quelques secondes peut être de se rappeler un fait incontestable : tout finira par s'évanouir. Les problèmes, les malentendus, les colères, les injustices, les erreurs, les blessures. Tout passe. Tout fuit. Tout s'efface. Avec le temps. 
Tout doit disparaître
Les plus grandes défaites finissent par être bien peu de choses, au regard de l'Histoire. Les pires humiliations sont un jour oubliées. La vendetta la plus ancienne finit par s'éteindre, et l'on finit par cesser de vouloir venger ceux qui ne sont plus.
De même, les plus grandes gloires finissent par être insignifiantes. Aux Grands homm…

Suivez votre intuition

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Les affiches ont été placardées pendant plusieurs semaines, dans les rues, sur les façades des immeubles, sur les piliers des ponts enjambant les autoroutes. Je ne pouvais m'empêcher de me demander qui pouvait bien trouver la motivation nécessaire pour coller de telles affiches pour un tel candidat, présentant si peu de chances de réussite, dans des endroits parfois aussi difficiles d'accès. Une telle abnégation pour Asselineau était pour le moins fascinante.
Toujours est-il que le message était bien lisible, en lettres blanches et majuscules : suivez votre intuition. L'injonction ne semblait pas correspondre une seconde à la bouille du bonhomme, en costume, qui la surplombait. 
Si je cherche à me représenter ce que m'inspirent les mots "suivez votre intuition", les images qui me viennent à l'esprit sont assez différentes : je pense au courage d'un baiser héroïque et soudain un soir de printemps, sous une pluie chaude, lors d'une soirée inattendue…