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Affichage des articles du mai, 2015

Du nœud au dénouement

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Ces moments de la vie où tout se croise, s'entremêle. On finit par ne plus y voir très clair, dans ces nœuds nombreux - qu'on craint de renforcer lorsque l'on tire le moindre fil. Certaines personnes sont douées pour séquencer, débroussailler, organiser ; d'autres sont contraintes de faire avec leur vrac existentiel. Tout le monde ne sait pas ranger sa chambre de façon équivalente. 
Le vrac, en soi, n'est pas un problème, d'ailleurs. Du moment qu'on ne se contente pas de le subir. De même, j'ai toujours été assez convaincu par l'idée qu'il fallait s'aventurer, sortir des sentiers battus, tenter de traverser les fougères pour explorer plus loin. Sortir de sa zone de confort. Les chemins qui ne mènent nulle part sont d'une certaine façon toujours bons à prendre. Mais il faut a minima savoir sur quelle voie on se trouve, et avoir une idée de la direction, quand même. 
Nulle part, c'est déjà une direction.
j'aime cette illustration (co…

Reflet de jeunesse

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La nuit est noire, et je vois mon reflet dans la vitre. Ma chemise est ouverte, car il fait chaud ce soir. Je repense à ce jeune Basile de 18 ou 19 ans, dans sa chambre de bonne, au sixième étage de la rue Gay-Lussac. L'espace était exigu, et les étagères débordaient de livres. Je fumais à ma fenêtre, en révisant mes cours.
J'étais assez fier, alors, d'occuper cette chambre où mes frères et sœur m'avaient précédé. C'était à mon tour de goûter de la liberté qu'offre ce lieu où personne n'a le moyen de savoir quand vous êtes là, ou quand vous partez. À mon tour d'y faire venir qui je voulais. À mon tour de rester éveillé jusqu'à deux heures du mat' si je le souhaitais, pour terminer cette foutue dissert', ou pour penser à ma vie.
Dans cette chambre, il y avait des vêtements en désordre. Des feuilles quadrillées éparpillées. Des fiches stabilotées. Il y avait des CD, empilés, et des photos sur les murs, accrochées avec de la pate-à-fixe. La bai…

Trois femmes courageuses

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Il faut bien dire ce qui est, c'était impressionnant de voir ces femmes, à ce balcon. Devant une foule injurieuse, dont la rage ne cessait de croître, il fallait du courage sans doute pour garder un tel aplomb. Sur l'estrade en contre-bas, une autre femme - Marine Le Pen - demeurait silencieuse, coupée dans son élan. Elle ne pouvait plus haranguer la foule, en brandissant les sujets d'inquiétude (l'immigration, le terrorisme, l'insécurité…) comme un matador qui agite son drap rouge devant le taureau de l'arène aux yeux révulsés. 
C'était impressionnant, aussi, de voir ces hommes - pour le coup - surgir derrière elles, brusquement ; et les empoigner avec une telle violence, pour les projeter vers l'arrière. Comme s'ils cherchaient à les faire disparaître des caméras de télévision, à tout prix. Leur rage, pour ne pas dire leur fureur, était transparente. Ces femmes semblaient les avoir rendu fous.

À bas, à bas, le Front National
Qu'avais-je fait, m…