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Affichage des articles du janvier, 2015

Sourire d'apaisement

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Il y a l'odeur de la mer, au Pouliguen, quand s'ouvre la porte de la maison, et qu'on aperçoit l'horizon des vacances. J'ai encore l'âge de l'insouciance, et je sais que les jours qui s'annoncent seront doux, sablés, ensoleillés ; je sais que je pourrai bientôt plonger dans l'océan, sentir le sel dans mes cheveux, les vagues qui roulent et m'emportent. On lira Agatha Christie sur la plage, avant de rejoindre le trou du diable, pour finir la journée par la crêperie perchée sur son rocher.
Il y a l'herbe fraîche de Soucy, sur laquelle on étend une large couverture, pour s'allonger dans les parfums du printemps, sous les branches du cerisier, au bout desquelles renaît doucement la vie. J'ai mes écouteurs d'iPod dans les oreilles, et je sens poindre la sueur sur mes avant-bras baignés de soleil. Mes frères et sœurs sont affairés, dans le jardin : jardinage, dessins, siestes et arrosage. Bientôt,  des enfants joueront dans l'arc-e…

Je ne m'ennuie plus assez

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J'ai quelques souvenirs - lointains - d'une époque où je parvenais à m'ennuyer fermement, certains jours. L'inactivité, pleine et entière. Ce n'était pas du repos, ni de la paresse, encore moins de l'oisiveté. C'était le néant, la pendule au salon, les boiteuses journées. C'était le temps des études, où les semaines étaient parfois bien creuses, les agendas bien parsemés. 

Ce blog me permettait de transformer l'ennui en inspiration, de rompre l'habitude passive - celle qui consiste à regarder béatement la télévision sur un canapé, ou à scroller des heures sa time line, sur Twitter, sans plus savoir ce qu'on y cherche - en introduisant mes propres sujets de prédilection, en parlant de ce dont j'avais envie de parler, en créant, à mon tour, du contenu, pour le mettre sur la Toile. 

L'ennui n'était pas toujours source d'inquiétude, ou de mélancolie ; ça me rendait parfois parfaitement heureux, de ne rien faire. Mais enfin, en tout…

La Résilience

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La profondeur de l’entaille importe peu ; la plaie cicatrisera. C’est toujours ainsi que cela se passe. Pour mon dernier anniversaire, mon frère m’a offert un livre sur la Grande Guerre, celle de 14, perçue par les Grands écrivains. Je suis tombé sur ce très beau texte de Stefan Zweig, revenant du front, qui découvre avec stupéfaction que la vie reprend ses droits à l’arrière : 
“Ici (…) a eu lieu un carnage sans précédent, un combat acharné entre des nations entières, et la nature, cette indifférente, l’a oublié. Il y a encore quelques mois, peut-être une semaine, du sang frayait ici son chemin vers les veines brunes de la terre, on enfouissait des morts par centaines dans sa gueule éternellement insatiable - mais pas un instant les terres n’ont interrompu leur travail obscur. Les champs de bataille - c’est une impression indescriptible, cruelle et consolante à la fois - se reprennent à fleurir. (…) Les coquelicots inondent comme du sang frais les cheminements effondrés et les barbelé…

7, 8, 9 janvier : les Trois Affreuses

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Il y avait “les Trois Glorieuses”. Trois journées de juillet 1830 qui avaient vu le peuple français se soulever pour instaurer un nouveau régime, ce qui avait inspiré Eugène Delacroix pour son célèbre tableau “La Liberté guidant le Peuple”.
Il y aura désormais les trois affreuses. Trois affreuses journées de 2015 - les 7, 8 et 9 janvier - où  la France entière a suivi, jour après jour, heure après heure, minute après minute, le déroulement d’un drame, qui n’aurait jamais dû advenir. 
Trois journées au cours desquelles des journalistes, des dessinateurs, des policiers, et des citoyens ont été lâchement assassinés, sans raison. Trois journées qui n’ont servi à faire avancer aucune cause. Trois journées vaines. Trois journées de tristesse, de malheur et d’angoisse. 
Ces trois affreuses journées, où je ne reconnaissais ni mon pays, ni ma ville, ni mon quartier, sont désormais derrière nous. La République est debout. Meurtrie, bien sûr, mais debout. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, ma…

Nous serons nous-mêmes demain

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L'avenir se dessine peu à peu. On comprend que les objets se perfectionnent, communiquent entre eux, et avec nous. Il n'y a pas de voitures volantes, certes, mais des drones envahissent déjà le ciel, ici ou là. Pas de robots humanoïdes à tous les carrefours, mais des aspirateurs automatiques qui font le ménage, à notre place, avant de rejoindre leur base pour se recharger. 
Nous pouvons mesurer tout sur notre quotidien, sur nos habitudes, sur nos performances sportives. Nous embarquons des objets qui nous accompagnent toute la journée. C'est le règne de "l'intelligence", puisque tout ce qui nous entoure - des téléphones aux montres, en passant par les frigidaires, les chaussures ou les lunettes - devient "smart".
Ce que nous sommes
Malgré tout, et c'est normal, nous demeurons ce que nous sommes. Des êtres humains, avec nos tares, nos envies, nos vertus et nos vices. Notre soif de savoir, nos ambitions, nos projets, mais aussi nos inquiétudes, nos…