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Affichage des articles du avril, 2014

Heureusement que j'ai accès à vos données personnelles

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Souvent, quand on évoque les "données personnelles" ou le concept de "vie privée", on a l'impression de savoir précisément de quoi l'on parle. On veut préserver son intimité, son for intérieur, ses convictions profondes, voire son anonymat. On ne veut surtout pas qu'une entreprise, ou que l'État, possède ces infos précieuses qui nous caractérisent
Mais pour être tout à fait honnête, je trouve que ce n'est pas si évident de savoir ce qui constitue précisément une "donnée personnelle". Ce n'est pas la définition de wikipedia qui va beaucoup m'aider, en l'occurrence : “les données personnelles sont les informations qui permettent d'identifier directement ou indirectement une personne physique”. 
Données secrètes
Selon cette définition, il est certain que de nombreuses entreprises - et l'État, je n'en parle même pas - possèdent depuis longtemps mes données personnelles. Ça doit être plus complexe que ça, forcément.…

La peur de l'avenir

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Oui, ça fait flipper, l'avenir. Quand on a dix-sept ans, qu'il faut faire des choix de vie, opter pour “une orientation”, décider du chemin qu'on empruntera dans les prochaines années. Quand tout reste à faire encore. Sans compter qu'on ne mesure pas toutes les répercutions de nos actes : choisir ses études, c'est choisir les personnes que le destin nous fera rencontrer, aussi, bien souvent. C'est potentiellement choisir ses amis, voire la personne avec qui on fera sa vie, même si ce n'est pas à cela qu'on pense quand on décide de faire une prépa, plutôt qu'une licence de lettres.
Faire ses preuves, encore et encore
Ça fait flipper, l'avenir, quand on a vingt ans, et qu'on passe des heures à la bibliothèque pour préparer des concours ou des examens. Quand on lit chaque jour dans les journaux qu'il n'y a pas d'emploi, que la crise est éternelle, que le chômage perdure. Ça fait flipper, de se dire qu'il va falloir faire ses preu…

La Parisienne

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N'êtes-vous pas toute petite Dans votre vaste appartement, Où comme un oiseau qui palpite Voltige votre pied normand ?
N'est-elle pas toute mignonne, Blanche dans l'ombre où tu souris, Votre taille qui s'abandonne, Parisienne de Paris ?
N'est-il pas à vous, pleine d'âme, Franc comme on doit l'être, à l'excès, Votre cœur d'adorable femme, Nu, comme votre corps français ?
Ne sont-ils pas, à vous si fière, Les neiges sous la nuit qui dort Dans leur silence et leur lumière, Vos magnifiques seins du Nord ?
N'est-il pas doux, à vous sans haine Frémissante aux bruits de l'airain, Votre ventre d'Européenne, Oui, votre ventre européen ;
N'est-elle pas semblable au monde, Pareille au globe entouré d'air, Ta croupe terrestre aussi ronde Que la montagne et que la mer ?
N'est-il pas infini le râle De bonheur pur comme le sel, Dans ta matrice interastrale Sous ton baiser universel ?
Et par la foi qui me fait vivre Dans ton parfum et dans t…

Les premiers utilisateurs des médias sociaux

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Sur les nouveaux profils Twitter, la date de la création du compte est mise en avant. En un clin d'œil, il est ainsi possible de savoir quand précisément vous avez rejoint la plateforme de micro-blogging. Je fais partie de ceux qui étaient présents sur Twitter dès les premières années. Pas immédiatement - moi aussi, au tout début, j'ai eu un peu de mal à comprendre le potentiel de ce réseau, et ce qu'on pouvait y faire concrètement -, mais à une époque où il y avait encore cet esprit de découverte, justement.
Vers l'infini, et au-delà
Les premières années, les premières conversations, les premiers retweets. La plupart des personnes "de la vie réelle" ne s'y trouvaient pas encore. On y était tranquille, en quelque sorte. Si vous avez vécu cette période, vous comprenez nécessairement de quoi je parle. C'était le temps de la conquête de nouveaux territoires ; nous étions des pionniers, des chercheurs d'or digital, avec une nouvelle frontière, un nouve…

Beau Chevalier

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Beau chevalier qui partez pour la guerre, Qu'allez-vous faire Si loin d'ici ? Voyez-vous pas que la nuit est profonde, Et que le monde N'est que souci ?
Vous qui croyez qu'une amour délaissée De la pensée S'enfuit ainsi, Hélas ! hélas ! chercheurs de renommée, Votre fumée S'envole aussi.
Beau chevalier qui partez pour la guerre, Qu'allez-vous faire Si loin de nous ? J'en vais pleurer, moi qui me laissais dire Que mon sourire Était si doux.
Alfred de Musset

Amoureux de son iPhone

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(illustration : source) Quelle relation avez-vous avec votre smartphone ? Quand on y pense, c'est lui le véritable compagnon, aujourd'hui. Celui qui vous seconde en cas de pépin, vous guide lorsque vous voyagez, vous réveille en douceur, vous amuse, vous distrait, vous informe, vous conseille. Celui que vous effleurez du bout des doigts, que vous consultez avant de vous endormir le soir, que vous gardez près de vous le jour durant.
La moitié des Français possèdent désormais un smartphone, contre 39 % en 2012 (étude).

Nombreux sont donc celles et ceux qui passent le plus clair de leur temps avec cet appareil omniprésent. Pour rappel, nous regardons notre mobile plus de 150 fois par jour (lire : notre mobile monopolise notre attention). Et près de 60 % des personnes interrogées indiquent qu'elles ne passent pas une heure sans jeter un œil à leur smartphone (étude).

L'amour à la machine
Pire encore, des études à la con affirment que les femmes préfèrent leur smartphone au s…

N'est-ce pas triste ?

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N'est-ce pas triste que nos yeux se ferment ? On voudrait avoir les yeux toujours ouverts, pour avoir vu, avant le terme, tout ce que l'on perd.
N'est-il pas terrible que nos dents brillent ? Il nous aurait fallu un charme plus discret pour vivre en famille en ce temps de paix.
Mais n'est-ce pas le pire que nos mains se cramponnent, dures et gourmandes ? Faut-il que des mains soient simples et bonnes pour lever l'offrande !
Rainer Maria Rilke

Je suis un média

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Ça y est, nous y sommes. Avec Facebook, Twitter, LinkedIn, Pinterest, Instagram et tout le reste, chacun devient son propre média. Nous constituons, nous tous, les médias sociaux. Être un média, cela signifie choisir une ligne éditoriale - consciemment, ou non -, publier du contenu régulièrement, construire son identité, et avoir une audience. Entretenir cette audience, le cas échéant, ensuite.
On peut choisir d'être Arte, ou TF1. De privilégier le contenu, ou l'audimat. De relayer un article passionnant sur la culture néo-aztèque ou de live-tweeter le match PSG-Chelsea. Chacun est libre, puisque chacun est - de facto - le directeur des programmes de ses propres canaux digitaux.
Twitter offre la possibilité de se constituer son programme sur mesure. De suivre les médias qui nous intéressent le plus : on remplace simplement le zapping par le follow / unfollow. L'avantage, en l'occurrence, c'est que l'abonnement est toujours gratuit.
Tout le monde n'est pas d…

Arrête un peu, mon cœur, où vas-tu si courant ?

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Arrête un peu, mon Cœur, où vas-tu si courant ? - Je vais trouver les yeux qui sain me peuvent rendre. - Je te prie, attends-moi.  - Je ne puis attendre, Je suis pressé du feu qui me va dévorant.
- Il faut bien, ô mon cœur ! que tu sois ignorant, De ne pouvoir encor ta misère comprendre : Ces yeux d'un seul regard te réduiront en cendre ; Ce sont tes ennemis, t'iront-ils secourant ?
- Envers ses ennemis, si doucement on n'use ; Ces yeux ne sont point tels. - Ah ! C'est ce qui t'abuse :  Le fin berger surprend l'oiseau par des appâts.
- Tu t'abuses toi-même, où tu brûles d'envie, Car l'oiseau malheureux s'envole à son trépas, Moi, je vole à des yeux qui me donnent la vie.
Philippe Desportes (1546-1606)

Partager sa solitude, sur les médias sociaux

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Ce que j'aime particulièrement avec les réseaux sociaux, c'est qu'ils donnent la possibilité à chacun de combiner solitude et sociabilité. D'un côté, le confort, la tranquillité d'un chez-soi, de l'autre, le plaisir de l'échange. On peut à la fois mettre les pieds sur le canapé, ou se promener torse nu dans son salon, et converser le plus sérieusement du monde avec untel ou untel. Le meilleur de l'intimité et de l'extimité, en quelque sorte.
Un homme seul est toujours en mauvaise compagnie”  Paul Valéry
Le soir, des centaines de millions de personnes, seules, chez elles, se connectent entre elles. La plupart se contentent sans doute d'écouter ce que les autres racontent, mais ça revient au même. Elles sortent en partie de leur solitude pour redevenir - en l'occurrence, passivement - l'animal social qu'elles sont.

Tout le monde ne recherche pas la même chose, en se connectant à Internet, la nuit tombée. Mais c'est une image que j…