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Affichage des articles du février, 2014

Ce que les data disent de nous.

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Pour quiconque s'intéresse un tant soit peu aux nouvelles technologies, la grande tendance de la deuxième décennie du XXIe siècle est clairement celle des data. Les appareils servent à prélever des informations sur notre façon de vivre, de marcher, de consommer, de courir, de dormir, et plus, si affinités
Du simple smartphone à la future montre connectée, en passant par les lunettes de Google ou les écouteurs d'Apple qui mesurent votre rythme cardiaque, l'enjeu pour les fabricants technologiques est  désormais de fournir aux utilisateurs des données sur leur quotidien (et de s'en servir, éventuellement, cela va sans dire).

Les données du problème

Ça me donne presque envie de me mettre sérieusement au footing, simplement pour pouvoir profiter pleinement des nombreux bracelets, ustensiles, casques, et autres accessoires dernier cri, mesurant ma progression au fil des mois, ma respiration, mes foulées, mon allure, ma forme physique globale, etc.  Courir non pas par néces…

Quoique nous le voyions fleurir

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Quoique nous le voyions fleurir devant nos yeux Ce jardin clair où nous passons silencieux, C'est plus encore en nous que se féconde Le plus candide et doux jardin du monde.
Car nous vivons toutes les fleurs, Toutes les herbes, toutes les palmes En nos rires et en nos pleurs De bonheur pur et calme.
Car nous vivons toute la joie Dardée en cris de fête et de printemps, En nos aveux où se côtoient Les mots fervents et exaltants.
Oh ! dis, c'est bien en nous que se féconde Le plus joyeux et doux jardin du monde.
Émile Verhaeren

Pourquoi les secrets n'ont pas leur place online.

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Dans une société où chacun gère son image, protège son e-réputation, soigne son profil Facebook, tout en se montrant de plus en plus utilisateur des médias sociaux, on peut considérer que tout ce qui n'est pas visible en ligne demeure secret.
Le secret, à l'origine, du moins étymologiquement, signifie “ce qui est à part, séparé de”. Aujourd'hui, il faut comprendre cela littéralement. Le secret de chacun est ce qui reste isolé, caché, a fortiori ce qui reste offline. Il faudrait être fou ou très imprudent pour se livrer pleinement à un confident aussi peu scrupuleux que l'est Facebook, ou Google.
C'est la raison pour laquelle j'écrivais, il y a plusieurs années déjà, que ma vie ne serait jamais en ligne. Mon for intérieur n'est pas numérique, il est bien réel, physique, à l'abri des regards et de la NSA.
“Il n'y a peut-être rien qui ennoblit plus un être humain que de savoir garder un secret”. Sören Kierkegaard
À l'heure de l'information conti…

Elle était déchaussée

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Elle était déchaussée, elle était décoiffée, Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; Moi qui passais par là, je crus voir une fée, Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?
Elle me regarda de ce regard suprême Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime, Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ; Elle me regarda pour la seconde fois, Et la belle folâtre alors devint pensive. Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !
Comme l'eau caressait doucement le rivage ! Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, La belle fille heureuse, effarée et sauvage, Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

Victor Hugo

Sans la nommer

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Si vous croyez que je vais dire Qui j'ose aimer, Je ne saurais, pour un empire, Vous la nommer.
Nous allons chanter à la ronde, Si vous voulez, Que je l'adore et qu'elle est blonde Comme les blés.
Je fais ce que sa fantaisie Veut m'ordonner, Et je puis, s'il lui faut ma vie, La lui donner.
Du mal qu'une amour ignorée Nous fait souffrir, J'en porte l'âme déchirée Jusqu'à mourir.
Mais j'aime trop pour que je die Qui j'ose aimer, Et je veux mourir pour ma mie, Sans la nommer.
Alfred de Musset

Les lumières de la nuit

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D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé les lumières de la nuit. À commencer par la lune, bien sûr, astre discret, rassurant, “féminin”, qui se laisse contempler aussi longtemps qu'on le souhaite, à la différence du soleil. La lune opaline de Cyrano, la lune de Va, Vis et Deviens, la lune qui conduit au songe du promeneur solitaire.
Je me souviens du temps où j'étais lycéen (puis jeune étudiant), dans ma chambre de bonne du quartier latin, où je grillais des cigarettes - j'étais fumeur alors - en observant les toits parisiens dans la douceur lumineuse de la lune. Cette époque où, comme toutes les personnes de mon âge - plus que jamais sans doute - je me demandais de quoi l'avenir allait être fait. Il y a un âge de la vie où l'on a le sentiment d'être au seuil de son existence.
La nuit porte conseil
Quel que soit le doute, la crainte, l'incertitude, ou le chagrin, la nuit peut apporter des réponses, panser les plaies. Elle enveloppe tout,…

Les applications éphémères : forces et limites

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Aujourd'hui, Facebook existe depuis 10 ans. Dans le monde entier, vous allez retrouver des articles, dans la presse - ou sur la Toile -, pour analyser le succès de ce réseau social, tirer divers bilans, et prédire sa fin prochaine “parce que la jeune génération semble s'en désintéresser aux États-Unis”. Ce n'est pas nouveau, mais ça permet d'écrire des pages et des pages sans se fouler. 
On va vous parler aussi des applications éphémères, qui menacent de plus en plus le réseau social numéro un. Je continue de penser, pour ma part, que ces applications ne concurrencent pas Facebook, directement. Mais on peut malgré tout dire quelques mots de cette nouvelle forme de communication qui attire de plus en plus d'utilisateurs.
Snapchat, l'incontournable
Il faut commencer par Snapchat, nécessairement, qui symbolise à elle-seule les applications d'échanges éphémères. Et ce, notamment depuis que son créateur a décliné l'offre d'achat par Facebook (ce n'est…

Spleen

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Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'Espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles Baudelaire

Une petite tête blonde

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Cette petite tête blonde, là, c'est moi. À la fin des années 80. Mon père se la coule douce, avec ses lunettes de soleil. Je sais qu'il veille sur moi. À cette époque, il travaille encore chez Apple. Nous sommes à la campagne, là où mes parents vivent désormais. Là d'où j'écris aujourd'hui.
Une enfance heureuse
Je regarde cette petite tête blonde. Comme j'ai confiance en la vie, déjà ! Petit Basilou, si tu savais… il y a encore tant de choses à venir. Tant de choses à faire. Tant de personnes que tu n'as pas encore rencontrées, dont tu ignores encore tout, et qui vivent pourtant de leur côté, et qui compteront tellement pour toi bientôt. Tant de changements, tant de choix à faire, tant d'aventures.
Continue de jouer dans ce bateau pneumatique, profite un peu de ce bonheur ordinaire. Dans quelques temps tu vivras tes premiers amours, et tu côtoieras l'univers, une nouvelle fois : “il suffit de trois petits bonds, c'est tout de suite la tarentelle.…