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Affichage des articles du janvier, 2014

Notre mobile monopolise notre attention

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Partout, tout le temps, du premier au dernier moment de la journée, le mobile est là. On se réveille, on l'attrape sur la table de chevet pour checker les premiers mails de la journée, répondre aux sollicitations éventuelles, jeter un œil à son Facebook. On le range dans sa poche ou dans son sac à main, quand on part de chez soi. Il nous accompagne dans les transports en commun. Puis se retrouve  sur le bureau, sur la table de réunion, ou sur celle du bistrot/café ; en mode “silencieux”, bien entendu. 
150 fois par jour : mobilisation générale
Silencieusement, insidieusement, il est là. Omniprésent. Ses vibrations savent attirer notre attention, en un quart de seconde. Le mobile est omnipotent. Le mobile mobilise. Les études s'accordent à dire que nous regardons en moyenne notre téléphone 150 fois par jour. Chacun peut s'en rendre compte, à sa façon : chaque SMS, chaque mention, chaque alerte, chaque notification vous invitent à revenir à lui. Le mobile ne supporte pas d…

Qui donc, qui donc…

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Et si j'avais besoin de moi d'un vrai sommeil blond de même qu'un éveil d'une ville s'évadant dans la jungle ou le sable flairée nocturne flairée d'un dieu hors rite ou de toi d'un temps de mil et d'entreprise
et si j'avais besoin d'une île Bornéo Sumatra Maldives Laquedives si j'avais besoin d'un Timor parfumé de sandal ou de Moluques Ternate Tidor ou de Célèbes ou de Ceylan qui dans la vaste nuit magicienne aux dents d'un peigne triomphant peignerait le flux et le reflux
et si j'avais besoin de soleil ou de pluie ou de sang cordial d'une minute d'un petit jour inventé d'un continent inavoué d'un puits d'un lézard d'un rêve songe non rabougri
la mémoire poumonneuse et le cœur dans la main et si j'avais besoin de vague ou de misaine ou de la poigne phosphorescente d'une cicatrice éternelle

qui donc,
qui donc,
aux vents d'un peigne triomphant
peignerait une fumée de climats inconstants
qui donc,…

Internet est devenu trop mainstream

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Internet, à l'origine, c'était le lieu par excellence de la diversité : diversité des utilisateurs, des sources, des contenus. Le monde entier pouvait y trouver ce que le monde entier y partageait. C'était une chance inouïe, une révolution sans précédent : je pouvais me connecter à cet(te) inconnu(e), vivant à des milliers de kilomètres. Toutes les créations, toutes les cultures, tous les arts, étaient soudain accessibles, car en ligne. 
À boire et à manger
Il y avait de tout, et c'était tant mieux. Bien entendu, c'est toujours en partie le cas. Je suis libre de faire des recherches spécifiques, autant qu'un universitaire peut se rendre à la librairie pour trouver des sources originales. Mais les routes de campagne que représentait le réseau Internet au début sont devenues des autoroutes de l'information, balisées, contrôlées. 
Il devient difficile de sortir des sentiers battus. Google, Facebook, et la plupart des géants du web nous mâchent désormais le trav…

Une minute de cinéma

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J'étais hier soir au théâtre Ciné 13, dans le dix-huitième arrondissement, pour la soirée blogueurs organisée par le Mobile Film Festival. Dans ce cinéma magnifique, au charme fou et aux sièges particulièrement confortables, j'ai pu voir les créations de cette année. Si vous ne connaissez pas encore ce Festival, je vous en rappelle le principe ; les réalisateurs doivent suivre la règle suivante : 1 film, en 1 minute, tourné avec 1 mobile.
De vraies contraintes de création, donc, mais qui invitent chacun à innover, à proposer une idée originale, et une façon intéressante de l'exprimer. Le court-métrage lauréat de l'édition 2013 m'avait particulièrement marqué, déjà. Il était réalisé par Guillaume Renusson, et s'intitule "une minute de silence" :

Cette année, plus de 700 films ont été proposés, et 50 retenus pour recueillir les votes des internautes (jusqu'au 6 février). Un jury - présidé par Jean-Pierre Jeunet - décernera par ailleurs plusieurs pri…

Les Français sont déprimés : comme toujours…

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EXCLUSIF : une nouvelle enquête sur les Français déprimés : les trois-quarts d'entre eux (74 %) sont d'accord avec l'affirmation : "en France, c'était mieux avant". Voilà l'un des enseignements de l'étude “Fractures françaises” menée par Ipsos-Steria pour Le Monde et France Inter. L'enquête a été réalisée au début du mois de janvier.
Je me demande si les personnes interrogées faisaient partie de celles qui souhaitaient à leurs proches “une merveilleuse année 2014”, et “plein de bonnes choses”. Si tel est le cas, elles sont sacrément schizophrènes. Mais c'est l'un des points qui étaient abordés sur France Inter ce matin : si l'on interroge les gens sur la situation globale, ou sur l'évolution du pays, ils vont se montrer particulièrement pessimistes et méfiants. En revanche, à des questions plus personnelles, sur leur famille, les liens qu'ils nouent avec leurs proches, etc. ils seront beaucoup plus positifs.
Première, deuxième, …

Le verger

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Tout le sang qu'ont versé Les hommes dans la plaine Et tous les trépassés Des causes incertaines Ont fait qu'à ce verger Il pousse par centaines La rose et le pommier, Aussi, la marjolaine.
Tous ceux qui ont crié Que leur mort était vaine, Tous ceux qui ont pleuré, Le front dans la verveine, Tous ceux qui ont soufflé, Là, leur dernière haleine Ont fait de ce verger Sur la rive lorraine Un creux tendre où s'aimer Quand les saisons reviennent.
Tous ces désarçonnés Qui n'eurent le temps même De dire, émerveillés :  “Ce sont tes yeux que j'aime” Toutes ces fiancées Dont l'attente fut vaine, Ces couples arrachés À leur noce prochaine, Sourient à regarder Ceux que l'amour amène Sur l'herbe du verger Quand leurs bouches se prennent.
Tous ceux qui ont laissé Leurs amours quotidiennes, Les membres fracassés Et le sang hors des veines, Tous ceux qu'on a pleurés Lors des guerres anciennes, Ceux qu'on a oubliés, Les sans noms, les bohème, Se lèvent pour cha…

The best is yet to come

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C'est un sentiment qui m'accompagne depuis toujours. La certitude que le meilleur est pour demain, que ce qui nous attend a toutes les raisons de nous réjouir. Nos ancêtres les Gaulois craignaient que le ciel ne leur tombât sur la tête ; je crois, moi, que nous irons jusqu'à lui. Que nous décrocherons la lune, que nous découvrirons de nouvelles galaxies, que nous déplacerons des montagnes. 
“Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir”. Jean Jaurès
Un optimisme solide, depuis mon plus jeune âge donc, qui me donne envie de voir de quoi demain sera fait. Je n'ai pas peur de ce qui vient, de ce qui s'annonce. Je n'ai pas l'impression que tout s'écroule, que le déclin est imminent. Je ne vis pas l'existence comme une chute, mais toujours positivement, comme une histoire qui s'écrit, un édifice qui se construit.
Des lendemains qui chantent
À l'échelle individuelle ou co…

Le futur coûte 3,2 milliards de dollars

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C'est l'histoire d'un homme qui, après avoir inventé l'iPod au service d'Apple, comprend que l'avenir des nouvelles technologies repose sur les objets connectés - en particulier les objets domestiques - et se met à travailler sur un thermostat et un détecteur de fumée intelligents.
Cet homme s'appelle Tony Fadell, et son entreprise - baptisée Nest - vient d'être rachetée par Google pour la modique somme de 3,2 milliards de dollars (pour info, c'est la troisième plus grosse acquisition du géant du net). Dans toutes les conférences auxquelles a participé Tony Fadell, la même question revenait, encore et encore : “comment, vous, l'inventeur de l'iPod avec Steve Jobs, pouvez-vous aujourd'hui investir autant d'énergie et d'argent dans le développement de thermostats, aussi intelligents soient-ils ?”.
La maison connectée, by Google
Cette question semblait légitime. Il faut croire que la réponse apportée par cet entrepreneur a su convain…

Le bonheur est mélancolique

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Le bonheur est mélancolique. Le cri des plus joyeux oiseaux Paraît lointain comme de l'eau Où se noierait une musique.
À l'œil qui s'en repaît longtemps La couleur des fleurs est moins fraîche ; L'herbe a parfois l'air d'être sèche Sur le sein même du printemps.
L'allégresse comme un mensonge Hausse sa note d'un degré Et l'angoisse au cœur se prolonge Sous un jour trop longtemps doré.
Cécile Sauvage

La relation à distance

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Je prends le Thalys tous les quinze jours, environ, pour me rendre en Allemagne. Bien souvent, sur le quai, il y a ces couples enlacés. Le train part dans cinq minutes, mais il est encore temps d'embrasser ces lèvres, de plonger son regard dans ces yeux, de serrer contre soi ce corps aimé. Les derniers mots, les derniers gestes, le dernier moment de tendresse avant la séparation géographique.
Il faudrait des wagons dédiés aux amoureux qui se retrouvent ainsi seul, brutalement, pour un temps, en laissant l'être cher sur le quai de la gare. Des wagons spécifiques, avec des mouchoirs blancs, pour sécher les larmes, des cartes postales pré-remplies, et - bien sûr - une connexion haut-débit pour continuer d'échanger avec la personne que l'on aime.
Loin des yeux
Les relations à distance sont une réalité pour ma génération. Combien, parmi mes amis, se sont déjà retrouvés dans cette situation ? Séparés provisoirement de l'être aimé, se retournant en désespoir de cause sur d…

Du Personal Branding au Personal Bashing

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Retenez bien ceci : Internet n'est pas miséricordieux. Si, pour une raison ou pour une autre, vous ne vous montrez pas à la hauteur de ce que les gens attendent de vous, ne vous attendez surtout pas à de la compassion ou de la pitié. Vous aurez ce que vous méritez, dans ce monde cruel : des rires et des quolibets.
La honte internationale
Michael Bay - un producteur américain, connu pour avoir réalisé des films d'actions comme Armageddon ou Transformers - vient de le découvrir à ses dépends. Peut-être n'avez vous pas vu ce crash, en direct, devant le monde entier.
Il arrive sur scène à une conférence internationale, pour présenter le nouvel écran Samsung incurvé, mais un problème de prompteur lui fait perdre complètement ses moyens. Il finit par quitter la scène, laissant derrière lui un malaise retentissant.

Auparavant, une telle déconvenue aurait vite été oubliée. Aujourd'hui, c'est différent. Plus de 36 000 tweets ont été publiés à propos de cet incident, selon To…

Les deux premiers bad-buzz de 2014

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Les internautes sont intraitables avec les marques. Surtout en début d'année. Il suffit d'une erreur de communication - assez grotesque, il faut bien le dire - pour enflammer immédiatement la foule connectée. La machine infernale se met en branle rapidement.
Deux marques en particulier ont eu un lendemain de réveillon douloureux, pour ces premiers jours de 2014. Une bonne grosse gueule de bois pour Numéricable et Urban Outfitters. Dans les deux cas, c'est le caractère “sexiste” de la communication initiale qui est reprochée à la marque. 
Comme toujours, le feu prend en quelques minutes, en suivant plusieurs étapes : 
1. La découverte
Les premières réactions des internautes devraient, en elles-mêmes, alerter les communicants. Mais les choses vont très vite. Souvent, il est déjà trop tard : les screenshots fusent. Le mal est fait. On voit apparaître les premiers tweets qui alertent l'opinion sur le caractère choquant de la communication. Dans le cas de Numéricable, c'…

Ton image en tous lieux peuple ma solitude

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Ton image en tous lieux peuple ma solitude. Quand c'est l'hiver, la ville et les labeurs d'esprit, Elle s'accoude au bout de ma table d'étude, Muette, et me sourit.
À la campagne, au temps où le blé mûr ondule, Amis du soir qui tombe et des vastes couchants, Elle et moi nous rentrons ensemble au crépuscule Par les chemins des champs.
Elle écoute avec moi sous les pins maritimes La vague qui s'écroule en traînant des graviers. Parfois, sur la montagne, ivre du vent des cimes, Elle dort à mes pieds.
Elle retient sa part des tourments et des joies Dont mon âme inégale est pleine chaque jour ; Où que j'aille, elle porte au-devant de mes voies La lampe de l'amour,
Enfin, comme elle est femme et sait que le poète Ne voudrait pas sans elle oublier de souffrir, Lorsqu'elle me voit triste elle étend sur ma tête Ses mains pour me guérir. 
Charles Guérin

Les héros de la vie ordinaire

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Nous sommes tous des héros ordinaires. Plus les années passent, plus j'en prends conscience. Tout le monde affronte des obstacles plus ou moins considérables, à son échelle. Des épreuves, qui vous touchent directement, ou - ce qui est pire parfois - qui affaiblissent des personnes qui vous sont proches. 
Ça peut être une maladie, un accident, une rupture, une brouille amicale, un décès, un chagrin amoureux, un divorce, une agression, un licenciement… les cartes ne manquent pas, en la matière ; la pioche est toujours pleine. 
Nous sommes héroïques, surtout, par le simple fait de notre existence. La responsabilité qui incombe à tout être qui, consciemment, existe. Nous avons nos propres missions, quotidiennes, nos propres personnes à sauver - ou à consoler, ce qui revient un peu au même. Nos amis. Notre famille. Toute personne que l'on aime. Pour qui l'on serait prêt à se battre s'il le fallait.

“J'ai fait la saison dans cette boîte crânienne. Tes pensées, je les fais…