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Affichage des articles du octobre, 2013

Et si l'on visait l'excellence ?

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À chaque fois que j'ai eu la chance de me rendre à Roland-Garros, j'ai été frappé par le niveau des joueurs. Chaque geste, chaque décision, chaque coup, semble parfaitement maîtrisé. Qu’on aime ou non le tennis, il faudrait être particulièrement exigeant - ou de mauvaise foi - pour critiquer le jeu d’un Nadal ou d’un Djokovic. Dans un certain nombre de domaines, il y a des personnes qui parviennent à l’excellence.
Le top niveau
Je pense que vous serez d’accord avec moi : il est difficile de trouver beaucoup à redire au travail d’un Monet, ou d’un Van Gogh.
Comment, alors, puis-je à mon tour exceller dans mon domaine ? Voilà la question que nous pourrions, collectivement, nous poser. Comment devenir les Zidane de notre secteur d’activité ? Les numéros 10 de l’entrepreneuriat, de la communication, du marketing, de la comptabilité, du conseil… ou de je-ne-sais-quoi encore. “Be a yardstick of quality. Some people aren't used to an environment where excellence is expected”. Steve J…

La Ballade du Cœur qui a tant battu

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Cœur dur comme une tour, Ô cœur de pierre, Donjon de jour en jour Vêtu de lierre.
Cœur tu as fait ton jeu Au tapis vert, Tu as jeté ton feu Au vent d'hiver.
Cœur dur comme une tour Rectangulaire, Voici monter le jour Quadrangulaire.
De tous liens lié À cette terre, Ô cœur humilié, Cœur solitaire.
Cœur qui as tant crevé De pleurs secrets, Buveur inabreuvé, Cendre et regrets.
Cœur tant de fois baigné Dans la lumière, Et tant de fois noyé, Source première.
Pris dans ta capitale, Et dans ton lit, Prince en terre natale Enseveli…

Charles Péguy

Au hasard d'un livre

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De la même façon que l’on décide de lancer sa musique au hasard, sans savoir sur quoi l’on va tomber, afin de se mettre dans un certain état d’humeur, en faisant confiance à l’inconnu, j’aime fermer les yeux et laisser mes doigts choisir un livre dans la bibliothèque.
Je suis tombé sur un vieil ouvrage, aux pages presque jaunies, avec une fine couche de poussière sur la tranche. Il s’agissait du Journal d’André Gide. Je l’ai ouvert, au hasard - une fois encore - et je suis tombé sur cette phrase, écrite en 1924 : “Certains se dirigent vers un but. D’autres vont devant eux, simplement.
Pour moi, je ne sais où je vais ; mais j’avance.
Je ne suis peut-être qu’un aventurier. Ce n’est que dans l’aventure que certains parviennent à se connaître - à se trouver.”Ces mots me vont. Ils correspondent assez bien à mon état d’esprit présent : je ne sais où je vais, mais j’avance. C’est aussi la formule de ce blog : il faut être absolument moderne. Se tourner résolument vers l’avenir, même si l’on n’…

Prendre l'air, pour aller mieux

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Parmi toutes ces personnes qui sont connectées, comme moi, sur les réseaux sociaux : combien sont fondamentalement tristes, en ce moment ? Combien cherchent sans le savoir un peu de réconfort, en contemplant tous ces contenus partagés sur la Toile ?  Un peu de présence, rien que ça, pour affronter le présent.
Le bouche à oreille, la main dans la main
La communication me passionne. Mais pas simplement cette communication massive, superficielle, plus ou moins créative, qui emplit nos écrans à longueur de journée. Le marketing, la publicité, sont des champs incroyablement riches qui éveillent mon intérêt.
Reste la communication entre les personnes. Le bouche à oreille, dans son acception véritable. Sortir prendre l'air. Marcher le long de la Seine, en discutant ; dans ce décor automnal. Savoir qu'on n'est pas seul ici, que l'on compte pour quelqu'un. Qu'un(e) autre est là. Et que l'on peut se confier, réellement.


Combien, parmi les personnes que je côtoie virtu…

Un moment, s'il vous plaît

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Certains événements ne durent qu'un moment, mais l'on s'en souvient longtemps. En prenant un peu de recul sur ma vie, je mesure à quel point seuls quelques images, quelques souvenirs, constituent le cœur de ma mémoire et semblent façonner mon caractère.
De temps en temps, certains de ces moments me reviennent, avec force. C'est une musique, survenue par hasard dans le shuffle d'une liste Spotify ; c'est une impression, un soir chaud d'automne, sur le boulevard Saint-Michel ; c'est une photo, retrouvée en rangeant un tiroir. 
Le moment - contrairement à l'instant, qui est statique - est étymologiquement un mouvement. Un travelling, qui retrace quelque chose qui se passe.  “Il n'y a pas d'amis, il n'y a que des moments d'amitié”, écrivait Jules Renard. Je ne sais pas si je suis aussi catégorique. Ce que je sais, c'est que j'ai envie de vivre de nouveaux moments. 

Des moments de vie, qui sont autant de souvenirs, et qui sont tou…

Si tu veux nous nous aimerons

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Si tu veux nous nous aimerons Avec tes lèvres sans le dire Cette rose ne l'interromps Qu'à verser un silence pire
Jamais de chants ne lancent prompts  Le scintillement du sourire Si tu veux nous nous aimerons Avec tes lèvres sans le dire
Muet muet entre les ronds Sylphe dans la pourpre d'empire Un baiser flambant se déchire Jusqu'aux pointes des ailerons Si tu veux nous nous aimerons. 
Stéphane Mallarmé

Se contenter d'écouter

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Quelquefois, il est agréable de ne plus rien dire, sur les médias sociaux. Se contenter d'écouter. Observer ce que partagent tous ces autres. Lire tous les tweets qui défilent - ce flux incessant de paroles éphémères -, parcourir des yeux les statuts, liens et images postés sur Facebook. 
Flux et reflux
Comme on s'arrête sur un Pont, un soir d'automne, pour regarder la foule d'individus qui le traverse, en rentrant du travail. “Tout un peuple invisible d'aveugles éternellement entraînés à l'objet immédiat de leur vie”, comme l'écrit si bien Paul Valéry.Non pas des êtres singuliers, “ayant chacun son histoire, ses trésors et ses tares, un monologue et un destin ; mais (…) un flux de grains tous identiques, identiquement aspirés par je-ne-sais quel vide, et dont j'entendais le courant sourd et précipité passer monotonement le pont”. 

Pour Valéry, c'est un moment de grande solitude. Et c'est vrai qu'on peut se sentir bien seul, sur les médias so…

Rencontrer un(e) inconnu(e) via Internet

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Nous serons amenés à nous rencontrer physiquement”. C'est un billet de blog que j'avais écrit en 2011.  J'y soutenais qu'après le rapprochement effectué sur les médias sociaux, les internautes allaient, de plus en plus, se mettre à créer des interactions “dans la vie réelle” ; la notion même d'online / offline s'effaçant progressivement.
Se rencontrer, réellement, gratuitement
Cela se fait plus lentement que je m'y attendais. Il n'empêche. J'ai rencontré physiquement plusieurs personnes - jusqu'alors inconnues - grâce à Internet. J'ai noué de vraies relations avec certaines d'entre elles.
Rappelons-nous : Facebook s'est construit en permettant aux gens qui se connaissaient déjà de se connecter aussi sur Internet. Le réseau social du futur devrait permettre d'effectuer le chemin inverse : donner l'opportunité de rencontrer de nouvelles personnes IRL (“in real life”).
Pensez-y : comment avez-vous rencontré vos meilleurs amis ?…

La Poésie est une Survivance

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Il y a plus d'un siècle, Paul Valéry écrivait ceci :
“La poésie est une survivance.
Poésie, dans une époque de simplification du langage, d'altération des formes, d'insensibilité à leur égard, de spécialisation - est chose préservée”.

Je crois que cette phrase vaut toujours aujourd'hui.
C'est la raison pour laquelle il faut faire vivre la poésie, au moins tous les lundi.

Lire : et si l'on échangeait plus souvent des poèmes ?

Médias Sociaux : de la diffusion à la transmission

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On parle bien souvent de Twitter comme d'une plateforme idéale pour la diffusion d'information. C'est tout à fait justifié : le retweet est l'un des aspects formidables de ce réseau. Tout contenu nouveau, original, peut faire le tour du monde en quelques heures. Twitter consacre ainsi la formule “Les nouvelles vont vite”. 
Mais, et c'est le sujet que je veux aborder aujourd'hui, les outils de communication se prêtent aussi parfaitement àla transmission. Avec la dimension de temps long que cela implique.
Tout ce que l'on écrit sur Internet sera potentiellement lu un jour par nos descendants.
Mon arrière-grand-père a laissé une œuvre derrière lui. En devenant un écrivain célèbre, il m'a donné cette chance. Je peux parcourir ses correspondances, si je le souhaite. Voir comment il parlait à mon arrière-grand-mère, dans ses premières lettres d'amour.

Peu de gens ont cette possibilité. Je pense que vous, qui me lisez à l'instant, n'avez pas conserv…

Humeurs vagabondes

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Depuis quelques jours, j'ai le sentiment de me trouver à la croisée des chemins, sans indication précise sur la route qu'il faudrait emprunter. Comme si ma petite voix intérieure s'emmêlait les pinceaux, et enchaînait les injonctions contradictoires, à la manière de Google Maps dans les sphères humaines les plus reculées : tournez à gauche, revenez sur vos pas, avancez, tournez à droite, démerdez-vous.

Ce qui est pour le moins contradictoire, c'est que je n'ai pas particulièrement de choix à faire, en vérité. Il n'y a pas de dilemme imminent, pas de décisions à prendre dans l'immédiat. Je n'ai que le vertige de la liberté, que le doute existentiel, et que mes humeurs vagabondes.

À ce propos, s'il suffisait d'une bonne saignée - croyance ancestrale - pour rétablir l'équilibre de mes humeurs, je n'hésiterais pas une seconde. Je souhaite récupérer une sérénité simple, une confiance naturelle. Même si, au fond, je sais ce dont j'ai besoi…

Le rideau de ma voisine

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Le rideau de ma voisine Se soulève lentement. Elle va, je l'imagine, Prendre l'air un moment.
On entr'ouvre la fenêtre :  Je sens mon cœur palpiter, Elle veut savoir peut-être Si je suis à guetter. 
Mais, hélas ! ce n'est qu'un rêve ; Ma voisine aime un lourdaud, Et c'est le vent qui soulève Le coin de son rideau.
Alfred de Musset

Vivre comme un chat, l'espace d'un instant

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Aujourd'hui, je n'ai pas envie d'avoir une opinion sur le travail le dimanche, la réforme scolaire, les Roms, les déclarations du ministre de l'intérieur ; ni sur les déboires de Blackberry ou l'entrée en bourse de Twitter. La plupart des sujets d'actualité - de ces dernières semaines - ont déjà été abordés deux millions de fois, environ.
Je n'ai pas envie de me soucier de mes projets futurs, ni de reconsidérer ma vie professionnelle. Pas envie de me demander ce que je ferai dans dix ans, ni dans quelle ville j'habiterai, ni quelle sera ma situation personnelle.
L'espace d'un instant, je veux me défaire de toute opinion : aborder le monde avec un regard serein. Me consacrer à l'essentiel. Penser à mon bien-être immédiat, me sustenter, boire, me reposer en fin de journée. Profiter de quelques caresses. Vivre comme un chat, en somme.
L'espace d'un instant.