Accéder au contenu principal

À quoi tu penses ?

“Dis, à quoi tu penses ?”
Cette question vient rompre un silence qui s’installait doucement. Elle me regarde, me sourit, puis me repose la question. Ce n’est pas facile d’y répondre, car il faut renouer avec le fil de mes pensées, qu’elle a précisément interrompu en m’interrogeant.

Pense bête

En soi, d’ailleurs, ce n’est pas évident de savoir à quoi l’on pense. À partir de quand le flux incessant de choses qui nous passent par la tête peut-être considéré comme une “pensée”, à part entière ? La plupart des idées qui naissent dans un cerveau ne se se conçoivent ni ne s’énoncent clairement. 

Je vous renvoie à Sartre ou à Nietzsche.


Ce que je pense, pourtant ! 

Cogito ergo sum

J’ai l’impression que je pense tout le temps, que ça ne s’arrête jamais. Des images, des fantasmes, des projets, des envies, des regrets, des souvenirs, des impressions, des jugements, des doutes, des inquiétudes, des désirs, tout cela m’habite, se bouscule à l’intérieur de ma boite crânienne.

Quand je suis dans le métro, je regarde les gens, j’imagine leur vie, je cherche à déceler leur mystère, à déchiffrer leur propre conscience. Quand je marche dans la rue, mon regard tombe sur une inscription : je ne peux m’empêcher de penser à la personne qui, un jour, a tapé ces lettres sur un clavier d’ordinateur, ou une machine à écrire. C'est plus fort que moi.

Penser en permanence, mais ne rien penser d’incroyable non plus. C'est bien là le problème. 
Ah, si seulement on pouvait ne plus penser à rien !

Coucher ses pensées par écrit


Écrire, c’est une façon de mettre un peu de l’ordre, de ranger sa conscience. De construire des pilotis dans ce marécage de sentiments, pour bâtir une pensée digne de ce nom.

Ça fait du bien, d’avoir un blog. On peut stocker certaines pensées dans les nuages. On peut se décharger de certaines réflexions en les inscrivant dans le marbre virtuel.

- …alors, tu me réponds ? À quoi penses-tu ?

- Ah oui, pardon… À rien.”



Commentaires

  1. Je voguais sur la toile, laissant un répit à mon cerveau.
    C'est marrant de tomber là dessus.

    Je vis une passe plutôt très compliqué ou je dois m'adapter à tout ce qui se passe autour de moi et ou je dois prendre beaucoup de décisions très importantes.

    Alors mon cerveau cavale. Il tourne en roue libre 24h/24h auto-produisant des pensées que je n'arrive pas à maîtriser, à apprivoiser.
    Ce matin, j'ai lu 3 chapitres de mon livre et me suis rendu compte que je n'avais rien imprimer au final. J'ai pensé à d'autres trucs pendant tout ce temps là.

    Alors oui, écrire permet de fixer. Permet de structurer.

    Faire la vaisselle aussi ça marche bien, va savoir pourquoi...



    Mais pourquoi diantre ne vouloir penser à rien ?
    Elles sont si difficiles que ça tes pensées ?

    RépondreSupprimer
  2. Je parlais simplement du "pouvoir" de ne plus penser à rien. Une force incroyable que de pouvoir mettre ses pensées en stand by. Une nuit d'insomnie, par exemple, pouvoir fermer les vannes, pour s'endormir paisiblement.

    Merci pour ton commentaire, et n'hésite pas à revenir : ce blog ne s'adresse pas qu'aux cerveaux disponibles, mais aussi aux cerveaux en cavale.

    RépondreSupprimer
  3. "Sometimes I sit and think, and sometimes I just sit" a toujours été l'une de mes devises préférées...

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustrationHeart Machine
Cela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature, de poésie. J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent. 
De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés. 
Je vais continuer. Continuer d'écrire, ici, parce que c&…

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

Désormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message. Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable.
L'autre a lu mon message
Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée, ou plus “active” (…

Je Me Force Un Peu Parfois

Je me force un peu, parfois.  Je me dis que ça fait longtemps, que j'ai reçu de nombreux encouragements depuis que j'ai commencé à écrire, ici, et que cela devrait suffire à m'inciter à poursuivre, régulièrement. Je suis heureux d'avoir plusieurs fois trouvé les mots pour parler de certains sentiments, de certaines impressions, qui avaient de la valeur à mes yeux. Heureux d'avoir réussi à transmettre - des idées, des envies, des émotions peut-être ? - ce qui autrement serait resté au fin fond de ma conscience. 
Se forcer à écrire, pour soi, d'abord, et pour les éventuels lecteurs nocturnes qui souhaitent lire autre chose que des analyses politiques post-conférence de presse / post-grand débat national / post-gilets jaunes. Ou bien des dissertations sur la reconstruction de Notre-Dame, à l'identique ou surtout pas. Cet éternel retour, des pour, des contre, et de tous les autres, qui argumentent ou qui s'indignent.
Je me force un peu, parfois. Parce que ç…