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Affichage des articles du novembre, 2010

Sociaux, trop sociaux

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Fin 2010. Nous sommes tous liés, interconnectés, nous formons des réseaux, les chercheurs font de nous des “nœuds”, étudient les attaches qui nous relient les uns aux autres, les toiles qui se tissent sans cesse. Nul n’est seul, désormais. Les liens n’ont jamais été aussi serrés entre les hommes.  Et nous sommes déjà habitués à cet état de fait, pourtant récent. Nous ne sommes plus surpris d’avoir quelques centaines de contacts, sur Facebook. Cela va de soi.  Pourtant, si l’on y réfléchit bien, et si l’on force le trait, le cauchemar n’est pas loin. Je fais partie d’un réseau de plusieurs millions d’inconnus. Des dizaines écoutent ce que je murmure sur Twitter et lisent ce que j’écris sur mon blog. L’hyper-socialisation. Ne surtout pas passer à côté de la dernière info valant quelque chose. Rester en permanence aux aguets. 

Si seuls

Pourtant, tous les individus de cette foule d’invisibles semblables se sentent sans doute seuls, aussi, de temps en temps (remarquez l’allitération). Si seuls…

Le chien et le flacon

“Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville”. Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.  “- Ah ! Misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies”. Charles Baudelaire

La tête dans le cloud

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Alors que la fin de l'année s'annonce doucement, que le froid s'intensifie, que la neige s'apprête à tomber, je repense un peu à ces dernières semaines passées. A ce que j'ai appris, cette année. Je ne vais pas faire une liste de tous les concepts abordés à L'Atelier, avec toute l'équipe, mais aussi avec tous ces professionnels. Je ne vais pas évoquer une à une les tendances que j'ai pu voir émerger, ou s'intensifier, au fil des mois. Ce serait trop long, et trop confus sans doute. 
La tête dans les nuages
Je ne vais prendre qu'un exemple. Il s'agit du cloud computing. Il est assez difficile pour moi de savoir qui, parmi les personnes que je côtoyais, et que je continue à côtoyer d'ailleurs, sait précisément de quoi il s'agit. Personnellement, je n'avais jamais entendu parler des “services hébergés dans les nuages” avant d'arriver à L'Atelier. Et pourtant, il s'agit là d'une tendance lourde, amenée à se propager dur…

Just cross the road

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Walk
J'étais dans le train avant hier, qui m'emmenait loin de Paris, vers un coin reculé de la France : vers la Normandie. Je voyais les paysages défiler derrière la vitre poussiéreuse. Je profitais de l'instant. Rien n'est plus agréable que de laisser derrière soi la vie active, les journées de labeur, de fatigue. De savoir qu'enfin est arrivé le moment du repos et du réconfort. Le moment où l'on peut se déconnecter, aussi : de Facebook, de Twitter, de l'actualité. On ne jette un œil à son portable que quelques secondes, de temps à autres, mais sans ressentir la même aliénation.  Il suffit pour cela de traverser la route. On se retrouve de l'autre côté. Sur un trottoir où chacun va moins vite, ou les passants ont un air plus détendu, et n'hésitent pas à sourire. Après cinq jours de bousculades,  du côté où les gens se croisent sans se regarder, absorbés à l'objet immédiat de leur vie, stressés, il est agréable de marcher tranquillement sur le tr…

I believe I can fly

I've got an idea

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La prééminence des idées en communication
Elles sont là, omniprésentes, recherchées, désirées, indispensables, dit-on. Elles sont l'essence des projets, le mystique aliment des réussites, la source de tout succès. Des initiatives visent à les faire émerger, via le crowdsourcing, le brainstorming, le co-working : les idées.
Pendant les quelques minutes nécessaires pour lire ce message, plusieurs centaines d'entrepreneurs auront cherché, de par le monde, une idée suffisamment forte pour lancer leur entreprise. Des milliers d'autres se seront évertués à protéger les leurs, à les mener à terme. Toutes les secondes, des idées germent dans des esprits humains. Mais elles n'ont pas la même valeur, ni la même portée.

Les idées sont aujourd'hui le Saint-Graal de la communication. Il faut être créatif, original, faire preuve d'imagination. L'idée qui tue, chère à Nicolas Bordas, celle qui vient s'imposer, en détruisant d'autres idées, en les remplaçant. L'…

Demain, dès l'aube.

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Il est parfois difficile d'être à l'aube de la vie active. Les possibles sont encore nombreux. Chaque choix annihile immédiatement, et la plupart du temps irrémédiablement, toutes les autres options. Tant de choses sont encore en devenir. Bien entendu, j'imagine qu'on se pose encore des questions après vingt ans de carrière, sur le sens de son métier, de sa vie professionnelle. Voire de sa vie tout court, d'ailleurs.  Mais lorsque l'on se situe à la fin de la tranche d'âge 18-24 ans, période charnière selon les sociologues, c'est-à-dire lorsque la jeunesse se dilue peu à peu dans ce qui lui succède, un vertige naît du sentiment que c'est ici et maintenant que tout se joue.  Encore une fois, je crois qu'il arrive à tout le monde - quelque soit sa condition, sa profession, son statut, sa situation familiale - de désirer, certains soirs, tout recommencer. Repartir de zéro, comme on dit. Bien entendu, très peu de personnes franchissent le pas. Car au …

Brunes & Blondes

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Il pleuvait hier soir. Une pluie battante. Mais nous étions au sec, dans la cinémathèque de Paris, au cinquième étage. Pour voir l'exposition Brunes/Blondes. Des extraits de films, des photographies, des affiches, des courts métrages, des dessins, des textes. Mais surtout une atmosphère, donnant le sentiment de parcourir le cinéma, d'en connaître les coulisses : ce lieu où les coiffures se préparent, où l'image se transforme. La perruque, le voile, les bigoudis, les pinces, les barrettes… tous ces accessoires féminins. Et la coiffure elle-même, “accessoire majeur”, selon Roland Barthes :  “La coiffure (…) est cela même par quoi l'artiste essaye sur le corps féminin les transformations dont il a besoin pour élaborer, tel un alchimiste, un objet nouveau, ni corps ni vêtement, participant néanmoins de l'un et de l'autre”. Des femmes, des actrices, observant l'objectif. Me rappelant les photographies de Marilyn, de la dernière séance.  Des brunes, des blondes. Par…

New York City Timelapse

Nietzsche, et la désillusion publicitaire

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Cette fois, il n'est pas question de relier Nietzsche à un concept publicitaire. Aucun scoop aujourd'hui. Après en avoir fait le précurseur de l'idée disruptive, je ne vais pas affirmer ce soir que le philosophe est le véritable inventeur de la Creative Business Idea (Euro RSCG) ou de la Lovemark (Saatchi & Saatchi). Ni qu'il est à l'origine des affiches 4x3, ou de la communication 360° off et online.

Le voyageur et son ombre
Nietzsche n'incarne pas tout à fait la figure du publicitaire, de toute façon. Je ne crois pas que l'on puisse dire de lui qu'il était un grand communicant. Il errait la plupart du temps seul, voyageait beaucoup, avec son ombre. C'est d'ailleurs en marchant que lui venaient ses idées. Ce qui l'amena à s'en prendre avec virulence à Flaubert, qui soutenait qu'on “ne peut penser et écrire qu'assis” :
“Je te tiens, nihiliste ! Être cul-de-plomb, voilà, par excellence, le péché contre l'esprit ! Seules le…

La minutieuse

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“L'inondation s'agrandissait. La campagne rase, les talus, les menus arbres désunis s'enfermaient dans des flaques dont quelques-unes en se joignant devenaient lac. Une alouette au ciel trop gris chantait. Des bulles çà et là brisaient la surface des eaux, à moins que ce ne fût quelque minuscule rongeur ou serpent s'échappant à la nage. La route encore restait intacte. Les abords d'un village se montraient. Résolus et heureux nous avancions. Dans notre errance il faisait beau. Je marchais entre Toi et cette Autre qui était Toi. Dans chacune de mes mains je tenais serré votre sein nu. Des villageois sur le pas de leur porte ou occupés à quelque besogne de planche nous saluaient avec faveur. Mes doigts leur cachaient votre merveille. En eussent-ils été choqués ? L'une de vous s'arrêta pour causer et pour sourire. Nous continuâmes. J'avais désormais la nature à ma droite et devant moi la route. Un bœuf au loin, en son milieu, nous précédait. La lyre de ses…

Hey Wonderful

L'éternel retour du poisson rouge

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La fin, de la semaine, commence. Demain, rien de trop planifié, rien de prévu, rien d'arrêté. La nuit qui s'annonce ne sera pas brutalement interrompue, au petit matin, par un réveil trop ponctuel. 
Le rossignol de Cyrano
Jusqu'ici, tout va bien. Je poursuis mon chemin. J'essaye de ne pas me poser trop de questions, de ne pas chercher à savoir ce qui va advenir. “Ce qui arrive en fin de compte, ce n'est pas l'inévitable, mais l'imprévisible”. Cette phrase de Keynes revient régulièrement dans mon esprit, comme pour m'éviter d'inutiles anticipations. Nassim Nicholas Taleb finit de me convaincre sur ce point. La puissance de l'imprévisible est telle qu'il est vain d'entrevoir le futur. Il faut l'imaginer, tout au plus. Rester aux aguets. Que sera sera. Whatever will be, will be. The future's not ours to see
“Le rossignol qui du haut d'une branche se regarde dedans, croit être tombé dans la rivière. Il est au sommet d'un chêne…

Flaques

Voilà ce qui advient lorsque l'on donne à des adolescents des caméras HD.
Ah, elle est belle la jeunesse !

Ce qui a été fait.

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Quelques miettes
C'est étrange comme on pense toujours à ce qui vient, aux tâches qui restent à effectuer, au pain qui demeure sur la planche. J'en ai fait un principe, sur ce blog, en décidant de me tourner délibérément vers l'avenir, et en rappelant la phrase d'Arthur Rimbaud, tirée d'Une saison en enfer, que je trouve très belle : “il faut être absolument moderne. Point de cantiques. Tenir le pas gagné”. 
Pourtant, s'il reste du pain sur la planche, n'est-il pas essentiel de s'attarder un peu sur les miettes, plus ou moins fines, qui y sont présentes également ? Sur les centaines de lignes, plus ou moins profondes, tracées dans le bois par des dizaines d'autres couteaux, pour tous ces autres pains déjà découpés en tranches, trop vite oubliés ? 
Souvent, lorsque l'on déménage, en ouvrant les tiroirs, pour faire le tri, on repense à tous ces moments passés. 
Il faut savoir poser sur la table cette paperasse, occasionnellement. 
On a tendance, tr…