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Affichage des articles du août, 2010

Exigu

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Tu n'en reviendras pas

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Une publicité de Canal + qui vise à promouvoir la série The Pacific, lancée pour la rentrée,affiche clairement le message suivant : “vous n'en reviendrez pas ! Eux non plus”. Je suis passé plusieurs fois devant, en allant au boulot. J'ai trouvé ça bien trouvé, dans un premier temps.

Et puis, j'ai repensé au poème d'Aragon, chanté par Ferré, et ça m'a fait prendre conscience du risque de la formule en communication. Parfois maladroite, souvent cynique, de temps en temps provocante.

Car certains - beaucoup - n'en sont pas revenus, en effet.
Ils étaient plus ou moins jeunes, plus ou moins patriotes, plus ou moins convaincus par les raisons de se battre. Ils étaient amoureux, pour certains, avaient des enfants, pour d'autres. Ils avaient leurs opinions, leurs rêves, leurs espoirs.

Ils sont morts. Peut-être pour la France. Ou pour rien. 
Enfin je dis ça, mais je ne veux pas non plus casser l'ambiance.

Diversion

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La pensée de Blaise Pascal sur le divertissement - pensée 139 - m'a souvent rassuré. Voilà qu'un philosophe considérait comme moi l'erreur des hommes, trop occupés à l'objet immédiat de leur vie, s'agitant vainement, sans jamais vivre pleinement comme ils le devraient pourtant, puisqu'il se trouve qu'ils ont à la fois la chance et le malheur de se savoir mortels. “Divertissement. Quand je m'y suis mis quelque fois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s'exposent, dans la cour, dans la guerre, d'où naissent tant de querelles, de passions, d'entreprises hardies et souvent mauvaises, etc. j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s'il savait demeurer chez soi avec plaisir, n'en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d'une place. Ou n'achèt…

Eyjafjallajökull mon amour

Juste pour se souvenir de cet événement hors du commun. Et parce que les images sont belles, aussi.  Simplement, j'aurais préféré Dieu est un fumeur de havanes, comme musique.

Demain tout ira mieux, tu verras…

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Ce qui est assez bien vu, dans le film D'amour et d'eau fraîche, c'est la situation dans laquelle se trouve une personne qui finit ses études, et qui expérimente les aléas de la vie active (par opposition à la vie passive qu'elle avait passée jusque là, bien entendu). Je suis à la fois très bien placé pour en parler, et m'en rendre compte, et paradoxalement trop bien lotis, sans doute, pour quelqu'un du même âge, puisque travailler à l'Atelier BNP Paribas offre une vie réellement agréable. 

Mais tout de même. J'ai peur d'oublier. C'est si facile d'oublier. Tous ces instants d'incertitude, de doutes, ce sentiment d'errance perpétuelle. Faire cinq ou six ans d'études pour se poser les mêmes questions, en fin de compte : où est-ce que j'en suis ? Qu'est-ce que j'ai envie de faire, fondamentalement ? Les choix que je fais sont-ils les bons ?…
Et cette impression de devoir faire ses preuves, sans cesse. Comme un déficit gén…

Il serait passé sans ça

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[silence]
Vladimir - ça a fait passer le temps.  Estragon - il serait passé sans ça.  Vladimir - oui, mais moins vite. 
[un temps]
Estragon - Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?  Vladimir - Je ne sais pas.  Estragon - Allons-nous en.  Vladimir - On ne peut pas.
Estragon - Pourquoi ?  Vladimir - On attend Godot.  Estragon - C'est vrai. 
[un temps] En attendant Godot, acte 1, court extrait

Mainstream

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Je commence la lecture de l'ouvrage de Frédéric Martel, Mainstream. Nicolas Demorand en avait fait la publicité sur France Inter, il y a quelques mois. "Ne manquez pas Mainstream". Je viens de terminer la préface et le premier chapitre. Je découvre ainsi les enjeux de la géopolitique culturelle. La guerre de la culture "mainstream", cette culture qui plaît à tout le monde. 
Ce qui est particulièrement intéressant, c'est les bouleversements qui sont actuellement à l'oeuvre. Ces nouveaux pays qui émergent avec leurs médias et leur divertissement de masse. La force d'Internet, qui bouscule tout également. "En Inde, au Brésil, en Arabie saoudite, on se bat pour dominer le Web et pour gagner la bataille du "soft power". On veut contrôler les mots, les images et les rêves". 
Le "soft power". C'est-à-dire le choix de l'attraction, plutôt que celui de la coercition, comme l'explique l'inventeur du concept : Joe Ny…

Land of giants

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Le projet “Land of Giants”, en Islande, consiste simplement à remplacer les pylônes électriques traditionnels par des structures, haute de quarante cinq mètres, à forme humaine. Le paysage s'en trouvant moins défiguré. Sur le site de la société d'architecture à l'origine du projet, les responsables soulignent l'importance d'aller au-delà de l'utilité primaire, et précisent que chaque pylône pourra adopter une posture ou une émotion différente. 
Un beau projet, en tout cas, qui réinvente le paysage, en repensant l'avenir des infrastructures électriques.


Almost

Addicted

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Cet article n'a ni queue ni tête.

Mais pas comme les plus beaux textes de Baudelaire, où, comme il le dit lui-même, “tout est à la fois tête et queue, alternativement et réciproquement”, ce qui permet au lecteur de couper où il le veut sa lecture, et à l'auteur sa rêverie. Non. Contrairement au Spleen de Paris, il n'est pas possible de jouer avec ces mots, griffonnés en ligne. Ici, ça n'a proprement ni queue ni tête. Vous êtes prévenus.

C'est une jolie métaphore, en tout cas, que celle de Baudelaire à propos de son œuvre : “enlevez une vertèbre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister à part”. Et d'ajouter :  “dans l'espérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j'ose vous dédier le serpent tout entier”.

Une belle image. Une excellente accroche pour donner aux lecteurs l'envie de lire son sple…

Les sucettes

Reservoir Dogs

500 millions de Facebookiens

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500 millions de Facebookiens, et moi et moi et moi… Avec ma vie mon petit chez moi, mon mal de tête mon point au foie, j'y pense et puis j'oublie, c'est la vie, c'est la vie.

Sans parler des 20 milliards de tweets, en juillet 2010. Et moi, et moi, et moi… Avec mes quarante followers…

Quand je pense à tous ces mots, aussi, qui ne signifiaient pas grand chose hier, et qui sont omniprésents aujourd'hui :

Réseaux sociaux, communication, partage, géolocalisation, communautés, recommandation, plate-forme, collaboration, réalité augmentée…
En anglais, aussi.
Community management, crowdsourcing, co-working, I like, in a relationship, edit your profile, retweet, hashtag, check in, open data, net neutrality, cloud computing…

J'y pense aussi. Et puis j'oublie, aussi. C'est la vie.

“C'est la vie” say the old folks, it goes to show you never can tell…

Taking off

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“Ecrire, au fond, c'est ranger le vrac de sa vie”. Voilà l'une des premières phrases du film LesPoupées Russes, si je me souviens bien.  Pour ma part, je ne sais pas si je range grand chose en écrivant sur ce blog. J'ai presque le sentiment inverse. Chaque post est un objet, un vêtement que j'envoie valser quelque part dans la pièce, en observant l'endroit où il retombe. Je cherche à créer un désordre, pour effectuer éventuellement une sorte d'inventaire, ensuite. Voir ce qui prend plus de place. Je tente de laisser libre cours à ma pensée. Je pose mes doigts sur le clavier, et je laisse mon esprit errer, tergiverser, imaginer. Je tente de raconter ma vie en quelques détails, pour laisser une trace aussi. De temps en temps je tiens à transmettre quelques bonnes idées, quelques informations substantielles. Et parfois, au contraire, je ne fais qu'écrire ma journée. Comme ça. 
Aujourd'hui. 
Nous sommes partis, Julie et moi, sous une fine pluie de novembre - qu…

This changes everything. Again.

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Cette phrase parle à ceux qui possèdent un mac, et qui tombent par défaut sur le site d'Apple, à l'ouverture de Safari. “This changes everything. Again”. Simple. Comme toujours d'ailleurs, avec Apple. La simplicité fait la force d'une publicité, comme je le rappelais il n'y a pas si longtemps. En l'occurrence, quatre mots, qu'il est possible de traduire dans toutes les langues. Et que le consommateur pourra retenir aisément. Tout comme “Just do it” ou “I'm lovin' it”, la formule s'imprime dans le cerveau, et peut s'avérer déterminante au moment du choix décisif.  Pour ce qui me concerne, j'ai fini par craquer, et j'ai acheté un iPhone 4. Enfin, pour remettre les choses dans leur contexte, il faut dire que mon précédent téléphone était tombé sur les rails du métro (ligne 12, direction Porte de la Chapelle). Il faut préciser également que j'avais plus de 2400 points Orange. Et qu'une réduction de 100 euros venait s'ajouter à…

Brazil

Internet addiction

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Nous discutions, Julie et moi, pas plus tard qu'avant hier soir, de notre dépendance relative à Internet, et plus largement de notre addiction aux nouvelles technologies. Je ne savais pas exactement quelle position adopter, mais globalement, je me disais qu'il fallait relativiser cette crainte, et que la vraie question était celle de notre usage du net. En clair, l'important est surtout selon moi de ne pas trop perdre son temps sur la Toile ; mais lorsque errer d'un site à un autre permet de tirer des informations, d'apprendre quelque chose, ou de trouver un plaisir réel, il n'y a rien d'absurde à se connecter régulièrement  au web. 
C'était un peu ce que je tentais de défendre. Et cela venait peut-être de l'article que j'avais écrit  sur le blog de L'Atelier (les parenthèses de l'Atelier), le jour même, et où j'avais vivement critiqué une étude selon laquelle rester des heures durant devant un écran amenait à un certain repli sur soi…

Non smoking area

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Si cette image peut convaincre Caro d'arrêter enfin. Et Adrien. Et Ambroise. Et tous ces autres (j'avais commencé à faire une longue liste de tous mes amis/proches fumeurs, mais je me suis rendu compte que ça allait me prendre pas mal de temps, sans apporter grand chose véritablement).  Cette vidéo, aussi.

The social network & ses parodies

Un samedi matin sur la terre

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Je suis sur ma “terrasse”, devant la petite maison, à côté de mes plantes et de mon olivier. Un verre de jus d'orange posé sur cette table, très stylée, offerte par mes parents pour mon anniversaire. J'écoute Surf Rider. Par sens des responsabilités, et pour entretenir mon narcissisme, aussi, je me mets une nouvelle fois à poster un article sur ce blog. Il faut dire aussi que Julie n'est pas là ce week-end. Elle est à Vienne. Je peux donc sans problème perdre mon temps à écrire que je peux sans problème perdre mon temps. 
L'été parisien suit son cours. Tranquillement. Le gouvernement de mon pays s'amuse à jouer avec le feu, en assumant le pire, en s'appropriant les idées les plus nauséabondes du Front national, par peur de se voir siphonner dans les années à venir.  Le problème, c'est qu'en agissant de la sorte, en tenant de tels discours, ces ministres de pacotille font progresser les thèses les plus abjectes, et, pis encore, les légitiment aux yeux de …

Canal plus

Du bout du sabre

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Nous autres, sur nos chevaux, n'entendons rien aux semailles. Mais toute terre labourable au trot, qui se peut courir dans l'herbe,

Nous l'avons courue.

Nous ne daignons point bâtir murailles ni temples, mais toute ville qui se peut brûler avec ses murs et ses temples,

Nous l'avons brûlée.

Nous honorons précieusement nos femmes qui sont toutes d'un très haut rang Mais les autres qui se peuvent renverser, écarter et prendre,

Nous les avons prises.

Notre sceau est un fer de lance : notre habit de fête une cuirasse où la rosée cristallise : notre soie est tissée de crins. L'autre, plus douce, qui se peut vendre,

Nous l'avons vendue.

o

Sans frontières, parfois sans nom, nous ne régnons pas, nous allons. Mais tout ce que l'on taille et fend, ce que l'on cloue et qu'on divise... Tout ce qui peut se faire, enfin, du bout du sabre,

Nous l'avons fait.
Victor Segalen, Stèles

Thanks sam

cold war

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La nuit vient tout juste de tomber. Je suis dans mon lit. Un moustique impatient est venu tourner près de mon oreille. Je n'ai pas voulu lui donner un faux espoir. J'ai attrapé dans le noir un livre - assez fin - de ma bibliothèque ; et voilà le corps de cet insecte de malheur écrasé sur la couverture de la guerre froide de Stanislas Jeannesson. Assez symbolique. La guerre que je mène depuis mon enfance, chaque été, contre ces monstrueux moustiques qui doivent trouver ma peau sucrée pour tant la convoiter, cette guerre est bien une guerre froide, faite de patience, de provocation, de tension, de silence, de persévérance, et d'intimidation.  J'ai l'illusion que la nuit qui s'annonce va être calme, du coup, mais rien ne dit que douze congénères moins téméraires - ou plus sages - ne sont pas tapis quelque part, dans l'ombre, attendant le bon moment pour virevolter au-dessus de mon corps endormi. Et piquer enfin, pour boire ce sang sans lequel ils ne pourront ja…

The fear