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Minuit moins une.

Mémoire terminé, imprimé, envoyé. La fin de semaine, la nuit, le silence. Je suis allongé pour écrire, car mon wifi déconne, et je dois connecter mon ordinateur avec mon câble ethernet, trop court. Je commence tout juste à écrire, et j'ai déjà mal au dos. Julie n'est pas là ce week-end, elle est chez une de ses amies nantaises. Je me retrouve donc seul, comme auparavant. Comme quand j'étais dans ma chambre de bonne rue Gay-Lussac. Comme quand j'étais à Lille aussi. 
Lille. Ça me manque. Les tranquilles soirées de Lille, entre amis. Enivrés sans être hideusement ivres. À dire tout et n'importe quoi, mais avec une certaine conviction. Je me revois, rentrant en pleine nuit, à pied, toujours par ce même chemin qui croise le boulevard de la liberté. 

“Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve” (Baudelaire). 

Ça me manque mais ce souvenir m'est agréable, et je suis vraiment heureux de ce passage lillois. Heureux aussi d'être parisien de nouveau. Et d'habiter la petite maison dans le quartier latin. Je ne suis pas un homme pressé, harassé, fourbu - de l'ancien français "fourboire", qui signifie "hors boire", c'est-à-dire assoiffé, déshydraté (je vous le dis car j'ai découvert l'origine de ce mot très récemment, hier ou avant hier, quelque chose comme ça, et que ça vaut la peine, d'autant que je tiens à cultiver mes lecteurs). 

Pour rester en parfaite santé, et ne pas faire naître une douleur stupide dans mon dos/cou pour toute la semaine prochaine, à trop vouloir prolonger cette position inconfortable, je m'arrête là. Et je vais prendre une douche. Puis dormir, enfin. Ah, dormir ! 

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